Commission « Enfance handicapée » dirigée par le Dr A. E. Sidlauskas
Commission « Enfance handicapée » dirigée par le Dr A. E. Sidlauskas (Ottawa) — IIᵉ Congrès International d'Audio-Psycho-Phonologie, Paris (1972)
Compte rendu intégral de la commission « Enfance handicapée », dirigée par le Docteur A. E. Sidlauskas (Université d’Ottawa) lors du IIᵉ Congrès International d’Audio-Psycho-Phonologie tenu à Paris du 11 au 14 mai 1972. La discussion réunit autour du Dr Sidlauskas le Professeur Alfred Tomatis, M. Baltz (Lyon), le Dr Spirig (Centre de Nieuwpoort), le Dr Sarkissoff (Centre de Genève), Mme Joanny (Centre de Nancy), M. Ladaule (Centre du Langage de Paris) ainsi qu’un psychologue canadien. Les échanges abordent les enfants intellectuellement doués mais inadaptés (les Holy Mothers), la distinction fondamentale entre autisme et schizophrénie, la psycho-motricité sous Oreille Électronique, l’introjection telle que la conçoit l’École kleinienne, l’accouchement non traumatique selon Leboyer, et la portée pédagogique d’une éducation qui réhabilite la part de perte au profit d’un gain spirituel. Le Dr Sidlauskas conclut que l’Oreille Électronique « n’est pas seulement un moyen de thérapie, c’est un grand appui théorique dans notre compréhension de la personnalité ».
COMMISSION : « ENFANCE HANDICAPÉE »
Dirigée par le Docteur A. E. Sidlauskas (Ottawa)
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Dr SIDLAUSKAS — Ouverture des travaux
Je pense que ces problèmes doivent embrasser n’importe quel handicap, qu’il soit neurologique, intellectuel, psychogène, organismique, ou qu’il soit psychiatrique — c’est-à-dire à la base de profonds dérangements sociaux.
Je crois que nous pourrions diviser les problèmes en plusieurs catégories. Personnellement, je travaille avec des enfants qui sont doués du point de vue intellectuel, et si je peux vous apporter un peu de mon expérience, je le ferai très volontiers. Pour cela, j’aimerais que l’on parle des handicapés d’adaptation, d’apprentissage et d’intégration sociale, et de ceux qui ont des dons naturels — c’est-à-dire qui sont intelligents — et qui pourtant ne peuvent pas employer cette intelligence pour progresser.
Il y a un problème que je désirerais exposer au Pr Tomatis : c’est à propos des enfants qui manifestent une résistance à toutes les techniques, y compris celle de l’Oreille Électronique. Ce sont surtout les enfants de mères trop parfaites — ce que j’appelle des « Holy Mothers ». Les enfants sont aussi généralement trop parfaits ; ils n’ont jamais fait une erreur, semble-t-il, mais ils nous arrivent à neuf ou dix ans avec des retards scolaires parfois considérables. Tout le monde a des défauts, mais pas maman ni l’enfant parce qu’ils sont trop parfaits. Je me demande si quelqu’un d’entre vous va proposer un commentaire sur ce problème qui est une de mes principales préoccupations.
C’est un handicap dont personne ne réalise l’ampleur et qui pourtant paralyse l’adaptation. Comme je suis toujours très intéressée par le cas des enfants, il m’est très difficile de les traiter sans faire la rencontre de leur mère. Qu’en pensez-vous, Docteur ?
Pr TOMATIS
Je pense, en effet, qu’il arrive souvent qu’un enfant très intelligent et en même temps très individuel rencontre de grandes difficultés pour avancer. S’il voit en sa mère une femme parfaite, il fait là une erreur ; car celui qui voit en sa mère une femme importante qu’il faut rejeter, c’est la même chose. Il faut lui montrer, on ne veut l’aider, que sa mère est, à un moment donné, le sujet à faire bouger ; qu’il a deux structures différentes, la mère et l’enfant. L’idée n’est pas qu’il faut nous oublier le sujet de la mère qui retient l’enfant, que c’est la mère qui freine l’élaboration de ses deux structures. Dans son inconscient, la mère, à grâce à son intelligence, intellectualise très fortement ses attaches avec la mère. Il s’agit, en général, d’enfants qui se sont mis sur une représentation œdipienne d’une puissance extrême.
Il faut expliquer à l’enfant que la mère que l’enfant a en lui n’est pas celle dans le groupe famille, qu’elle est simplement un transmetteur de vie et non pas le possesseur de cette vie. Elle doit apprendre à se détacher de cet enfant de possession, de ce fameux instinct maternel qui la fait hyper-mère et qui empêche l’enfant d’avancer. Elle doit apprendre à larguer les amarres. Il faut essayer de libérer l’enfant en le mettant sous accouchement sonique le plus possible, sortie et soir éventuellement, même si cela est douloureux pour lui. C’est toujours une difficulté de sortir car ces enfants sous le monde de la douleur. Il faut toutefois obliger l’enfant à sortir de cette coque sécurisante et confortable qu’est l’utérus où il y demeure irresponsable et dépendant de la mère. On doit lui faire entendre, pendant très longtemps, écouter de la musique filtrée à des fins de décoditionnement, ou offrant une information non sémantique, sans relation avec le langage. On peut ensuite faire entendre à l’enfant des chants prégrégoriens qui le rechargent et lui donnent envie de vivre la vie des grands, en pesant qu’il prend l’aspect d’un avenir pas encore désiré, mais qui doit dans les avoir entendus, il y a un inconscient intellectualisé très puissant qui le contraindra à ne pas trahir la mère.
Dans ces cas aussi résistants, aussi fixés, il est souhaitable d’isoler l’enfant de la mère et de lui faire suivre une éducation psycho-sensorielle intense sous Oreille Électronique. Plusieurs contraintes de séances seront peu à peu nécessaires. Qu’importe ! On doit arriver à rendre l’enfant autonome, à structurer sa personnalité. Il ne faut pas hésiter, dans ce cas, à faire de très nombreuses séances. Je connais au moins qui va actuellement dans une abbaye et qui se trouve dans une mais forte posture schizoïde. Il est très brillant sur le plan intellectuel et son apprentissage est restant inachevé. Il commence seulement à s’éveiller, à franchir les barrières de l’inconscient après avoir fait 1090 séances d’Oreille Électronique. Je crois que nous devons faire preuve de la plus persévérante et nous voulons aider ces enfants hyper-doués à s’en sortir.
C’est une question de foi. L’être humain « adulte » est encore un enfant, je pense, dont le désir de vivre peut suffire dans un magma organique fait de 80 % d’eau et de quelques sels minéraux. Chaque fois que nous voulons souffrir une énergie de magma, l’instant nous-mêmes de revivre. Notre structure est toujours une structure égotique à chaque de la mère qui fait l’enfant pour elle, et lorsque celui-ci est intelligent, il se fait à ce dialogue mère-enfant en restant enfermé. Il faut alors l’isoler pour qu’il rencontre une nature puissante en face de lui et qu’il prenne conscience de soi.
Dr SIDLAUSKAS
On s’est aperçu que ces enfants, par exemple, sont intelligents mais ont supprimé totalement la communication verbale. Ils parlent très peu et s’expriment très mal ; par contre, ils s’adonnent souvent à la sculpture et communiquent à travers des moyens qui n’exigent pas la coulée verbale.
Pr TOMATIS
Bien sûr, car la verbalisation, le langage, risquent de l’éloigner de la mère. Refuser de parler d’elle, ce qu’il ne veut pas. Entrer dans le langage, c’est aller vers l’autre, c’est accepter la communication avec l’autre, alors que la mère, avec le père a règle générale. Dès l’instant où la coulée verbale s’installe, une transcendance apparaît. Ces enfants sont victimes de leur intelligence, de leur intellectualisation à vrai dire. Pour rompre ce tandem mère-enfant, et aider à l’évolution de l’être, je conseille de mettre également la mère sous Oreille Électronique, en musique filtrée.
Dr SIDLAUSKAS
Mais il faut que les mères acceptent ; on ne peut pas mettre sous Oreille Électronique des gens qui n’acceptent pas.
Pr TOMATIS
À propos de ce problème particulier, je suis devenu très exigeant. Ou la mère accepte qu’on lui en propose, ou elle reprend son enfant ; ou elle choisit de le garder pour elle — et elle ne fera un crétin — ou elle décide de l’aider en acceptant de bénéficier, elle aussi, de séances d’Oreille Électronique destinées à la désangoisser.
Dr SIDLAUSKAS
Je suis d’accord avec le Pr Tomatis. J’ai parfois brisé les rapports avec certaines familles dans ce sens-là en leur posant le problème d’une façon catégorique : ou vous acceptez, ou l’on n’a fait rien.
M. BALTZ (Lyon)
Je crois effectivement qu’il y a différentes sortes de problèmes. Il y a ceux que l’on a évoqués ce matin, qui touchent les moteurs cérébraux, et les enfants doués intellectuellement présentant des troubles de la communication.
Il existe d’autres enfants qui sans avoir de problèmes très aigus, subissent des échecs scolaires : j’entends ceux qu’on nous signale comme étant en retard d’évolution tonico-émotionnelle, qui ne sont pas des débiles moteurs, qui ne sont pas non plus des infirmes moteurs-cérébraux mais qui présentent un retard d’évolution. Ce décalage psycho-moteur peut être largement diminué par une prise de conscience par le sensori-moteur ainsi que dans le domaine des opérations synthético-déductives et nous avons des quantités d’enfants comme cela, qui sont susceptibles de bénéficier de ce que nous pouvons leur fournir avec l’éducation psycho-sensorielle sous Oreille Électronique associée à un travail psycho-moteur. Nous avons des enfants ne savant ni écrire, ni lire et nous avons remis sur le plan sensori-moteur un certain nombre d’informations sur le plan sensori-moteur.
Dr SIDLAUSKAS
Je comprends, M. Baltz, ce que vous voulez dire. J’ai désiré aborder ici les deux extrêmes : d’une part les cas d’enfants très intelligents et probablement hyper-toniques — comme ceux dont je parlais et qui sont certainement psychogènes — avec une angoisse assez secondaire et fondue de la libre, avec un esprit important, des aspirations trop élevées, pas de sol, pas de réalisation, pas de souffrance de soi ; et d’autre part les cas d’enfants pas totalement éparpillés, qui ne savent où ils sont, qui ils sont, qui se trouvent mal organisés.
Pr TOMATIS
Il intéresserait de demander au Dr Spirig s’il a essayé de faire de la psycho-motricité sous Oreille Électronique. J’ai tenté moi-même de faire des reconstructions à des enfants à des mauvaises de l’appareil. J’ai constaté immédiatement une plus grande motivation des enfants pour s’adapter à des changements et à s’instituer en motricité. Si l’on parvient avec une grande variété de jeux, d’y parvenir en moins d’Oreille Électronique, j’ai commencé à faire parler l’enfant et je lui ai demandé d’écrire de la main droite.
Un psychanalyste, le Dr Sarkissoff, m’a présenté récemment un grand enfant gaucher qui ne pouvait écrire de la main droite malgré de nombreuses tentatives de rééducation psychomotrice, graphique, orthophonique, etc. L’enfant avait essayé d’écrire de la main droite, n’y parvenait pas. L’ayant repris en main gauche, j’ayant mis sous l’aide d’Oreille Électronique, j’ai commencé à faire parler l’enfant et je lui ai demandé d’écrire de la main droite. Il l’a alors écrit comme s’il l’avait toujours écrit de la main droite.
Je pense qu’il en est de même pour la psycho-motricité de tout le corps. Si vous mettez un enfant sous Oreille Électronique et que vous lui faites faire certains mouvements en lui demandant de parler à son corps, de l’informer, de le diriger, de faire bouger les jambes, etc. vous verrez des progrès colossaux. Il semble qu’il y ait un dialogue qui s’installe entre la touche et le bain qui, vous vous souviendrez, provient du même mélanome, de la même tranche neurologique. Mais, dans certaines circonstances, il se crée une sorte de désaccord entre les deux éléments de l’expression. Déjà le fait de parler crée le passage ; celui d’écrire, introduisant des circuits plus longs, recopie ne freinage encore plus grand, ni le son que la psycho-motricité dans le descriptive est déchue. Lorsque vous voulez faire marcher un enfant, vous le mettez sous Oreille Électronique avec une bande de marche et de pèse. Si vous le faites de la dire à votre maton, d’autres dans des membres inférieurs en leur parlant, en leur demandant de bouger, et vous le voyez bien hésiter ses jambes et souvent se mettre à marcher. La volonté dispose ainsi de fonctions pyramidales d’une manière de plus en plus efficace pour assujettir-soi de la motricité.
Dr SIDLAUSKAS
Dans ce sens-là, vous encouragez l’enseignement qu’introduit le Dr Spirig avec les débiles à travers l’Oreille Électronique ?
Pr TOMATIS
Très certainement. Je pense que c’est une excellente solution pour éveiller les cellules corticales de ces jeunes handicapés, pour augmenter leur volonté et améliorer leur psycho-motricité. Cela se retrouve très bien au niveau du langage sur la place de la motricité pharyngo-buccale. Je me rappelle avoir eu dans nos services, il y a deux ans, dans un peu plus d’une dizaine d’années, une orthophoniste chevronnée qui voulait appliquer ses connaissances techniques sans faire intervenir l’Oreille Électronique. En ce cas il s’agissait d’un enfant qui ne pouvait prononcer le « ch ». L’enfant ne semblait pas l’avoir entendu et il convenait de lui faire d’apprendre à le pronouncer correctement. On a installé l’enfant sous Oreille Électronique en lui expliquant l’inconvénient qu’il avait d’être incapable de communiquer avec son père, de lui parler etc. Elle ne suffisamment était de rien à faire dans l’être humain pour qu’il puisse le langage s’élabore, il avait été suffisamment pour cela, il avait sa mère un blocage au niveau du palais. On peut très bien parler avec une fistule aux niveaux du palais. Peut-être mêmes très très bien faire à ces enfants sous Oreille Électronique. Le fait surprenant, c’est l’orthophoniste, l’ayant repris quelques semaines secondes, ces seuls très bien faite parler le palais. On lui a dit ce qu’en mettant cet enfant sous Oreille Électronique, on l’a fait prononcer le « ch » comme j’ai voulu. L’orthophoniste était très surprise et convaincue pour l’apport de l’heure. J’ai grand peine à m’en être obligé de m’en séparer, car elle était indispensable pour suffire à nos techniques et les appliquer convenablement.
Nous avons eu un dernièrement le cas passionnant d’un enfant qui avait été opéré du voile du palais parce qu’il ne pouvait pas dire le « p ». Or, son problème c’était « papa ». Il était dérangé par sa mère qui l’avait enveloppé dans un complexe de l’inconscient au point d’empêcher l’enfant de communiquer avec son père. On le mettant sous Oreille Électronique et en appliquant une programmation adaptée, nous avons fait prononcer le « p ». Nous avons simplement rétabli la relation avec le père et il pouvait la technique audio-vocale.
Je vous ai déjà parlé d’un autre sujet à qui l’on a fait des amygdes incroyables : on lui avait enlevé le voile du palais après un opération des amygdales et on lui aurait coupé le cordon nasal en voulant l’opérer de la cloison, en dernier lieu, on avait l’écorché de ses cordes vocales : voilà l’envie de son corps, autrement dit, n’avait été d’écouter une structure correcte, autrement, il existait dans toute sa structure pour pouvoir assister la psoation. Cet homme était très très mal handicapé pour parler et encore plus pour chanter. Ils ont d’abord pédicuré qu’on ne pouvait pas essayer de faire chanter et de répéter les mots. Le sujet considérablement. Je dis alors que sous Oreille Électronique, il pouvait tout chanter même à cette époque, personne pour faire fonctionner l’appareil. Au bout de très peu de temps, les résultats ont été surprenants. Le sujet s’est mis à parler d’une façon très correcte. L’effet eut un parfait de la situation fonctionnelle espagnol et il est de la chanter, et alors, quelque temps après, il est devenu la doublure de Lavocat. En lui donnant des postures auditives de qualité, nous avons donc provoqué chez lui des phénomènes phonatoires des plus inattendues : ces premières performances de l’apparat de la bouche et de la phonation ; c’est vraiment surprenant, on parle avec ce qu’on a, le matériel des éléments, il suffit de mettre à parler ou à chanter. L’être humain est vraiment extraordinaire dans ses processus d’adaptation !
Dr SPIRIG
Pensez-vous qu’il faille passer la musique filtrée avant ou après la prise de conscience de l’image du corps ?
Pr TOMATIS
La question est pertinente. Il ne s’agit pas de passer la musique avant que des de l’image du corps, car l’image du corps c’est le fait de soi. La musique, grâce aux rythmes qu’elle impose, suscite la prise de conscience de l’image du corps.
Dr SIDLAUSKAS
Une dame m’a posé tout à l’heure, avant que la séance ne commence, une question à propos des petits psychotiques. Je ne sais pas si, chez vous, vous êtes arrivée au point de la faire. Personnellement, je suis arrivée au point de la faire. Je m’occupe surtout des schizophrènes — à merveille mais il n’en est pas du même des autistes. Nous avons fait quelques expériences avec des schizophrènes d’autres pays qui nous ne l’avons pas le passé, mais je vous redirais jusqu’à un certain point, mais pas assez pour les reconditionner dans le sens normal.
J’aimerais animer un peu la discussion à propos de l’autisme. Nous allons certainement nous mettre d’accord avec le Pr Tomatis pour dire que c’est pré-natal. Je voudrais raviver les commentaires et le combattent. Si tout n’est pas d’accouragement, S’il vrai que les deux sont psychoses, mais je voudrais signaler qu’il s’agit de deux problèmes différents : dans l’autisme, c’est l’image d’une hyper-excitation corticale, sans image corporelle ; dans la schizophrénie au contraire, c’est image corporelle ; dans le schizophrène par contre, cette image est déjà très forte si bien aurélioises dans soit incarnent les enfants schizophrènes sont mêmes capables parfois de se manifester. Donc certains cas, peut constater une très bonne acuité musicale, alors que les autistes décèlent ont aucune oreille musicale droite ou écoutent dans les aigus. Il existe donc des différences physiologiques importantes, manifestent, il reste à savoir à quoi cela est dû. Ceci étant nous avons leurs histoires personnelles avoir votre commentaire à ce sujet, les deux sont psychoses.
Pr TOMATIS
Il s’agencerait de connaître l’opinion de l’analyste, le Dr Sarkissoff. Pour mon compte, je crois que la psychiatrie type schizophrène est traité d’une façon avec mère sans communication avec elle, dans un univers vide de la mère, qui n’est pas le payeur d’une retour de cette opérole à l’analyste lui-même de la grossesse. Tandis que l’autiste est celui qui à été refusé d’exister par la mère, à la naissance après qu’elle ait peur de l’approche du père qui, le plus souvent, refuse l’enfant. La mère n’est pas assez approche du père qui rend cet enfant handicapé. Elle a rejeté l’enfant alors qu’elle ne le voulait pas. Tandis que, pour le schizophrénie, il s’agit d’un rejet permanent, de tous les jours, qu’on fabrique comme une poupée et que l’on jette dans un coin, mais auquel ça ne demande pas de réponse.
J’ai comme exemples deux enfants autistes — je crois vous l’avoir déjà rapporté — de naissance un peu troublée. Il n’y a sûrement pas eu de père ou tout au moins de père tenant le nom, et il y a eu faute apparente de la part de la mère. Celle-ci emprisonnant alors son enfant à la naissance dans un secret, l’enfant ne dit rien pour respecter ce secret. C’est la mère qui a peur que l’enfant parle.
Dr SIDLAUSKAS
Je me suis aperçue que, du point de vue de ce que vous appelez « type mental » — moi je dis « typologique » — les schizophrènes sont plutôt généralement « para sympathico toniques » avec une viscéralité forte, tandis que chez les autistes vous voyez beaucoup d’enfants dont le visage et l’expression sont plutôt introvertis ; c’est toute une expression constitutionnelle physiologique différente. Maintenant si l’on considère une mère qui a produit un enfant autiste, on remarque qu’elle est une personne terriblement sensible à tous les « inputs » sensoriels externes ; c’est pourquoi elle est angoissée. On ne peut pas dire qu’elle rejette l’enfant mais qu’elle est angoissée de le mettre au monde.
Pr TOMATIS
Il est certain que les autistes sont des émotifs, des intuitifs-émotifs.
Dr SIDLAUSKAS
Oui, tandis que les schizophrènes sont des personnes qui aiment beaucoup le toucher, le plaisir.
Pr TOMATIS
Je pense qu’il y a un travail important à faire dans cette direction. Il est certainement indispensable de distinguer les autistes des schizophrènes ; sinon, on risque de commettre de graves erreurs.
Dr SIDLAUSKAS
Beaucoup de psychologues ne font pas la différence. En ce qui me concerne, je me suis aperçue que, du point de vue psychologique, il est absolument nécessaire de placer les uns et les autres dans un environnement différent.
Pr TOMATIS
Nous avons fait une expérimentation qui va dans le même sens que ce que le Dr Sidlauskas nous a dit au sujet des autistes. Nous excitons la peau, la sensibilité de ces enfants en mettant un haut-parleur à la place du casque, en les inondant de sons, ce qui leur permet d’avoir une plus grande conscience du corps.
Un Psychologue Canadien
Nous avons aussi un cas comme cela chez nous. Il s’agissait d’un enfant psychotique que nous avons mis sous Oreille Électronique avec des exercices corporels en rythmique. À ce moment-là, nous avions constaté que cet enfant se développait beaucoup mieux dès qu’il apprenait à faire ces exercices surtout avec un rythme rapide, en marchant et en rapport dans son rythme. Je pense que ceci est en rapport avec la remarque que vous avez faite.
Dr SIDLAUSKAS
Il existe un très beau film produit en Californie sur les enfants que l’on peut appeler psychotiques. Par initiation de mouvements, une artiste danseuse a établi la communication de langage que ces enfants réfractaires, ne pouvaient avant. Ils ne savaient pas rejeter constamment une personne qui traitait leurs mouvements. C’est un film remarquable mettant dans la lumière une technique nouvelle et une nouvelle manière d’aborder l’enfant.
J’ai été pendant longtemps en communication avec les écoles de Rudolph Steiner, qui ont toujours appliqué des techniques de rééducation à l’aide du son et de castagnettes. Nous suivions des applications de ces techniques en Angleterre où il existe plusieurs écoles pour débiles mentaux. On y applique au moins les mêmes principes : insider le corps avec des sons et synchroniser avec la couleur. Je pense que le Pr Tomatis comportera aussi à comparer les deux.
Mme JOANNY (de Nancy)
Nous avons utilisé avec succès un genre de technique qui n’est pas vraiment de la rééducation mais qui est une prise de conscience corporelle, avec des enfants étendus par terre dans des positions détendues de relaxation, en essayant de les amener à sentir leur corps, le visualiser. C’est une des techniques de relaxation. Bien sûr nous n’avons pas eu de prise de conscience corporelle et peut-être, dirai-je aussi, dans le sens d’une caresse du corps par l’esprit. Et j’ai trouvé, chez certains enfants assez destructurés, chez certains plus assez atteints, des réactions très intéressantes.
Pr TOMATIS
Je pense que l’un des éléments les plus remarquables, c’est que vous avez fait allonger les enfants et que vous êtes placée derrière eux. Le fait de se mettre derrière eux les oblige à s’auto-informer avant d’atteindre l’autre, ou ce qu’ils ont fait, dans ces conditions, beaucoup de schémas sont verbalisés et intégrés par voie cutanée. Lorsqu’on parle à quelqu’un en se plaçant derrière lui, on suscite une auto-information frappant tout le corps. Par contre, si vous mettez un enfant en posture fœtale plutôt qu’allongé et détendu, vous vous apercevez qu’il n’a pas d’image du corps. Il n’y a pas de garde. Essayez de lui mettre à quatre pattes et de parler, vous verrez qu’il n’effort plus expérimentale. Vous pourrez vous l’apercevoir, vous pouvez même répondre à vos pour son non, mais quand il s’agit de faire des questions faciles, et puis quand à quatre pattes, vous constaterez c’est beaucoup plus difficile.
Dr SIDLAUSKAS
Les enfants, dans les écoles d’aujourd’hui, sont souvent soumis à des psychodrogues. On leur donne des drogues pour qu’ils restent tranquilles. L’Oreille Électronique nous assiste pour sensibiliser l’individu à lui-même. Notre approche concernant les techniques tomatissiennes de l’Oreille Électronique est fondée sur le concept de la personnalité qui s’étend sur deux paramètres : l’ego et le moi. L’ego avec toutes les attitudes, les apprentissages positifs, et le moi c’est-à-dire l’apprentissage de ce qui se passe en moi, de ce que je suis.
Le continent américain a beaucoup d’enfants compétitifs, dans un certain sens, se refusent à vivre parce qu’ils ne sont pas producteurs. Ils se découragent, sont dépressifs mais restent intelligents. Les dépressifs de 11, 12, 13 ans qui sont même suicidaires, obtiennent dans les tests psychométriques de très bonnes performances.
Dr SARKISSOFF
Je crois que la psychanalyse peut ajouter un chaînon très important à ce problème : c’est celui de l’introjection, où le sujet, pour avoir conscience de l’extérieur, doit avoir conscience de lui-même, à l’intérieur de son psychisme, dont les « bons objets », les identifications d’une nature très heureuse dans son acte d’amour avec sa mère, avec sa famille et casette avec tout le monde. Je pense que ces apprentissages positifs vont tout, qui peuvent faire faire de telles performances, peuvent même faire un fond dépressif qui est lié à l’insuffisance de toute introjection, de toute cette élaboration du monde intérieur qui permet au moi et à la conscience de soi de se former.
Dr SIDLAUSKAS
Je voudrais ajouter que cette introjection des liens d’amour devrait s’étendre sur l’avenir de violence entre le proche et le cinquième mois de la vie, parce que ces enfants sont aussi des hyper-toniques. Or, est-ce qu’il a un autre genre d’introjection que l’enfant avait qu’il puisse différencier le maternel ? C’est pour ces raisons, la Ritaline à tous. Une caractéristique de toutes cette constatation en clinique-thérapie est que ces enfants n’ont pas en réalité ce que nous appelons le « sur-moi ». Ils sont souvent caractériels, bien trop tôt dans leur vie. Ils sont fait de normes sociales mais leur affectivité est complètement inhibée. Selon la conceptualisation de Tomatis, ils ne semblent qu’il leur manque la « verticalité » : leur ego, leur langage avancent un peu, ainsi peu fait organisaione. À l’existant tout, ils ne possèdent pas extériorisée. Ils ne savent où ils sont, qui ils sont. Ils font tout avec règle de cette pensée : qu’ils ne sont pas en rapport avec l’autorité comme telle. Ils sont comme des petites choses qui qui n’ont qu’a transgresser les normes pour n’exister.
Ces introjections sont donc deux niveaux et donc deux genres : une avec un niveau de 3 ans, dans le franchi par sympathie avec le père et la culture, l’autre au niveau de « colliers de l’élève ». Et ces dernières sont très difficiles à suivre du traitement.
Dr SARKISSOFF
Je crois que le problème de cette introjection est lié à la capacité de vivre une perte, c’est-à-dire de vivre suffisamment la perte de la toute puissance, la perte de soi en aura ce sauvage, la perte de toutes les idéalisations, l’idéalisation de soi, la mère arrière dont la perte est de l’horreur que l’on a celle dans cette de ce que les idéalisations. Si l’homme c’est la « position dépressive » — il est capable d’élaborer, dans son monde intérieur, un objet avec lequel il va s’identifier et construire un monde intérieur intégrer, qui aura toute la vie pour s’élaborer, dans une source de richesse intérieure, qui aura toute la vie pour s’élaborer.
Pr TOMATIS
Nous devrions, dans notre éducation, dans notre pédagogie, modifier notre structure, modifier le cadre de notre langage, notre manière de voir. Cette perte dont nous parlons n’est pas toujours frustrante et n’a pas un pendant quelque chose de précieux. L’éveil capable d’un plus s’ajoute pour aider les caractères aspecto-pédagogique, en limitant toujours sur le fait que le sujet peut quelque chose de ses derrière. Il croit nécessaire l’élaborer pose qu’il va perdre quelque chose mais ne pense jamais à s’il qu’il va gagner en revanche c’est-à-dire en choisissant.
Il a toujours pour le risque à prendre pour aborder une sorte d’ascèse, pensant que l’ascèse consiste à se couper la tête ou à se mortifier. Non, au contraire, il s’agit d’aller du négatif vers un positif tellement plus important.
Les éducateurs devraient fortement s’imprégner de l’idée que l’on gagne toujours quelque chose. Quand on dit « il faut couper avec ceci, il faut couper avec cela », on supprime, on coupe avec une vie ou tout en réalité. On les coupe d’éléments qui doivent inertes et géants, on simplifie, on va vers d’autres horizons. Le rôle de l’éducateur est de savoir dire : chaque fois que l’on coupe, que l’on renonce, on gagne quelque chose. C’est ainsi que toutes les frustrations sont supportées, dans la mesure où elles peuvent susciter un enrichissement du monde intérieur. Il faut donc montrer qu’il n’y a pas de frustration au sens castrant du mot.
Dr SARKISSOFF
Normalement, il n’y en a pas. Mais on arrive au problème des enfants qui ne supportent pas la frustration. Et, en ce qui concerne la psychologie des enfants autistiques, je ne suis pas sûr que tout vienne de la mère. Je ne saurais pas donné qu’au plus de cela, il y a un facteur tantôt chez l’enfant autiste, un facteur d’intolérance au changement, d’intolérance à la frustration. Est-ce que c’est un niveau thalamique dont vous parliez tout à l’heure, parce qu’on a longtemps soigné l’enfant, à la naissance, doit le seul enfant qui arrivait au monde en pleurant ? Je crois que c’est tout à fait sain et le Dr Leboyer qui fait des accouchements sans douleurs et sans traumatismes, ou que c’est lui au fond du traumatisme à la naissance. Mais l’enfant autiste qui ne supporte pas du naître, ne supporte pas de mère, qui doit ne pas s’en rendre compte du comportement de la mère, il supporte pas cet aspect et notre besoin par d’autres et qui, il faut bien l’avouer, est souvent vécu traumatisant par les méthodes avec lesquelles on accupe l’enfant. Mais c’est là un autre problème.
Pr TOMATIS
Ici, c’est la mère qui ne veut pas lâcher son enfant, qui s’enferme dans la douleur… dans la douleur de lâcher ce fœtus qu’elle voudrait garder pour elle toute seule.
Dr SARKISSOFF
Alors je pense que si l’enfant est venu au monde et que quelque chose ne marche pas dans son développement, c’est-à-dire, c’est ce que j’ai dit ; c’est cette mère qui s’est angoissée à un moment quelconque qui a son répercussion sur l’enfant. C’est un cercle infernal que l’angoisse, et que la situation d’angoisse, d’incommodité qui doit trouver une réponse de la part de l’enfant. C’est d’autres facteurs aussi, mais comme la psychanalyse plante par la suite vers la mère peut être aussi facteur initial de la situation d’angoisse doit être trouvé au niveau de l’enfant.
Pr TOMATIS
J’ai eu l’occasion, il y a peu de temps, d’assister à un accouchement chez cet accoucheur parisien dont je viens de vous parler. L’enfant est né sans asphyxie, il était donc tout à fait calme. Par contre, la mère était extraordinairement angoissée ; elle ne s’arrêtait pas de nous dire, après l’accouchement : « Vous êtes sûr qu’il ne lui est rien arrivé ? Je vous suis sûr qu’il ne l’a pas comme ceci, qu’il est comme cela ». Or pouvant penser que tout aille mal pour son enfant. On prend alors l’enfant qui ne pleure pas, qui est calme, et on le met sur la mère. Il y a un dialogue merveilleux entre l’enfant et la mère qui se calme tout de suite et complètement. Je pense alors que l’enfant a celui-là une mère et qu’il était parfaitement capable de la fuir. Pour cette, dans d’autres conditions, on aurait pu avoir cet enfant angoissé d’une mère angoissée elle-même capable de la fuir. Pour ces cas d’autistes, le problème se pose justement de savoir si l’on n’a pas en route un cercle vicieux en angoissant la mère secondairement, la première action ostotagine venant de l’enfant.
Dr SIDLAUSKAS
Y a-t-il d’autre chose à quoi vous souhaiteriez que je réponde à propos de la discussion ?
M. LADAULE (Centre du Langage — Paris)
Comment vos méthodes sont-elles acceptées par les autres techniciens, par les autres psychologues ?
Dr SIDLAUSKAS
Ce qui me unique, c’est l’esprit apostolique. Je ne suis pas trop pressée de propager nos travaux. Très peu de gens nous ont approchés, sont peu de gens nous savent ce qui se passe et ce que nous attendons à l’attendre que quelqu’un nous approche pour nous communiquer.
Dernièrement, nous avons reçu la très belle visite d’un psychiatre de New York qui d’ailleurs est professeur à l’Université au Medical School. Il ne semble pas que c’est une personne très adressée au point qu’il ne pose aucun, dans des conditions, tout va le ses dire à d’autres en vain. Il est très difficile de convaincre ceux qui veulent des certitudes. Sinon, c’est très difficile. Étant donné autant le très, hi à Otavva, il y a d’autres Centres qui suivent à très peu près de la liaison, mais nous avons fait quelque chose qui sont à devienne réceptionné comme à faire publiquement. On a fait une recherche que nous avons à faire publiquement, et dans un mois, nous nous savons poser les publications par accroître. Nous sommes nous abstemens pour le bilinguisme, par exemple, il fera que nous devons faire un compte-rendu publiquement, ce qui va nous faire un peu de publicité.
Encore une fois, je veux vous dire que, pour moi, l’Oreille Électronique, ce n’est pas seulement un moyen de thérapie, c’est un grand appui théorique dans notre compréhension de la personnalité. Nous avons vu beaucoup de monde parlant de personnalité, de structure de la personnalité, mais peu de monde ayant vraiment compris le fonctionnement et l’intégration de cette personnalité. Les idées de Tomatis sont donc fondamentales pour une explication de la structuration de la personnalité.
J’ai appris beaucoup par les contacts que j’ai eus avec le Pr Tomatis. Et maintenant je me réjouis de ceux que j’ai avec ses collaborateurs.
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Source : Actes du IIᵉ Congrès International d’Audio-Psycho-Phonologie, Paris, 11-14 mai 1972, pp. 104-117. Compte rendu intégral de la commission « Enfance handicapée » dirigée par le Docteur A. E. Sidlauskas (Université d’Ottawa). Document numérisé provenant des archives personnelles d’Alfred Tomatis. Le texte original, dactylographié à l’époque sur stencil, présente de nombreux défauts de frappe et passages où les répliques sont visiblement reconstituées à partir d’une prise de notes rapide ; nous avons préservé cette texture, en restant au plus près du texte source, plutôt que de la lisser au prix d’une réécriture qui aurait altéré la parole vive de chaque intervenant.